Curnonsky, le 'prince des gastronomes' | ||
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Restaurants > Belgique |
24 Mai 2013 |
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CURNONSKY, LE 'PRINCE DES GASTRONOMES'
Maurice Edmond Sailland (Angers, 1872-Paris, 1956) dit Curnonsky était un gastronome, humoriste et critique culinaire français.Orphelin de mère, abandonné par son père, il fut élevé par sa grand-mère. Il s'installa à Paris à 18 ans pour préparer l'École normale supérieure et devenir journaliste. Il commença à rédiger des articles pour des journaux comme La Vie Parisienne, Le Music-Hall illustré du matin ou Comœdia, et s'inventa son pseudonyme : la mode étant aux noms à consonance russe, il se posa la question en latin : « Cur non sky ? », « pourquoi pas sky ? », pseudonyme approuvé par Alphonse Allais, dont il reprenait la chronique intitulée « La Vie drôle » dans Le Journal. En complément de ses chroniques, il devint en 1895 un des « nègres » de Willy, le premier mari de l’écrivaine Colette, et composa des romans, comme Demi-Veuve, paru en 1899. C'est au Journal qu'il rencontra Paul-Jean Toulet. Les deux hommes sympathisèrent au point de devenir colocataires. Il prêta aussi sa plume à la publicité naissante. Il serait notamment à l'origine du surnom de Bibendum qui restera attaché au bonhomme en pneus de la firme Michelin. À partir de 1921, il rédigea avec son ami Marcel Rouff La France gastronomique, une collection de 28 recueils sur la cuisine régionale et sur les meilleurs restaurants de France. En 1927, à l’issue d’une compétition avec l’écrivain belge Maurice des Ombiaux (1868-1943, qui deviendra « prince de la treille »), il fut élu « prince des gastronomes » par 5000 experts via la revue Le bon gîte et la bonne table, un titre de noblesse qui lui reste attaché au XXIe siècle. En 1930, il fonda « L'Académie des gastronomes » (Maurice Maeterlinck en fut un membre éminent) et « L'Académie de l'humour », avec Romain Coolus. Membre de l'académie Rabelais, Chevalier de la Légion d’honneur en 1928, il est fait officier en 1938. En 1933, avec le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui a entrepris un combat pour faire reconnaître les AOC, il fonde « L'Académie du vin de France ». Grand amateur du vin de cette région, il vint souvent sur place le retrouver à Châteauneuf-du-Pape. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il quitte Paris et s'installe dans une auberge de Riec-sur-Belon en Bretagne. Il retrouve son appartement parisien à la fin de la guerre et reprend son activité de journaliste. Il lance alors la revue Cuisine et vins de France, qui donnera naissance en 1953 à un monumental ouvrage du même nom, considéré comme la bible des recueils de recettes de cuisine. En 1954, il fonde l'Association professionnelle des chroniqueurs et informateurs de la gastronomie et du vin, APCIG, avec quelques éminents confrères. Le 22 juillet 1956, il meurt en tombant de la fenêtre de son appartement. Il est enterré dans le cimetière de Beauchamp (Val-d'Oise). Désireux de soutenir la cuisine bourgeoise et du terroir face aux sophistications parisiennes, il a écrit une cinquantaine d'ouvrages sur la cuisine, parmi lesquels La France gastronomique, guide des merveilles culinaires et des bonnes auberges françaises avec Marcel Rouff (1921), Les recettes des provinces de France (1930), Le bien manger, itinéraire gastronomique (1931), Dictionnaire de l'Académie de l'humour français (1934), Les fines gueules de France (1935), Lyon capitale mondiale de la gastronomie (1935), Cuisine et vins de France (1953), Souvenirs littéraires et gastronomiques (posthume, 1958). Outre son credo culinaire (« La cuisine, c'est quand les choses ont le goût de ce qu'elles sont »), on lui doit aussi de nombreux bons mots,, comme : « Steak : viande que le restaurateur fait cuire ou cuir que le restaurateur fait viande. » « La cuisine du Périgord est sans beurre et sans reproche. » « La plupart des femmes se donnent à Dieu quand le diable n'en veut plus. » « Si le potage avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi vieux que la poularde et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, cela aurait été presque convenable. » Devenu lui-même obèse, il s’exclama un jour : « Hélas, je ne suis plus qu’une circonférence de presse. » Et à la fin de sa vie, il soupira : « J’ai trop d’urée. J’ai trop duré. » Quant à son épitaphe, la voici : « Ci-gît Curnonsky. Mort de la tombe voisine, Veille sur tes pissenlits : Il te mangerait les racines. » Bernard DELCORD (Sources : Wikipedia, Le Guide des Connaisseurs, Académie Curnonsky, Cercle du livre luxembourgeois)
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