« Ce qui compte, ce n’est pas une œuvre, c’est la trajectoire de l’esprit durant la totalité de la vie. » (Joan Miró)

À l’occasion de l’exposition consacrée au peintre catalan qui se tient du 3 octobre 2018 au 4 février 2019 au Grand Palais à Paris, Agnès de la Beaumelle, conservateur en chef honoraire au Centre Pompidou, a publié un joli « carnet d’expo » intitulé Miró aux Éditions Gallimard dans la collection « Découvertes ».

 

Joan Miró (Barcelone, 1893 – Palma de Majorque, 1983), peintre, sculpteur, graveur et céramiste espagnol, est l’un des principaux représentants du mouvement surréaliste.

 

Son œuvre reflète son attrait pour le subconscient, pour l’« esprit enfantin » et pour son pays.

 

À ses débuts, il montre de fortes influences fauvistes, cubistes et expressionnistes, avant d’évoluer vers de la peinture plane avec un certain côté naïf.

 

Il s’installe à Paris au début des années 1920 et son œuvre devient plus onirique, ce qui correspond aux grandes lignes du mouvement surréaliste auquel il adhère. Mais dans de nombreux entretiens et écrits des années 1930, Miró manifeste son désir d’abandonner les méthodes conventionnelles de la peinture, favorisant ainsi une forme d’expression contemporaine. Il ne veut se plier à aucune exigence, ni à celles de l’esthétique et de ses méthodes, ni à celles du surréalisme.

 

Nombre des œuvres de ce docteur honoris causa de l’université Harvard (1968) se trouvent à la Fondation Joan-Miró de Barcelone, à la Fondation Pilar et Joan Miró de Palma de Majorque, au Musée national d’art moderne de Paris, au musée d’art moderne de Lille et au Museum of Modern Art de New York [1].

 

Autoportrait, 1919, huile sur toile.

 

Écoutons Agnès de la Beaumelle :

 

« D’un surréalisme peut-être le plus pur, les visions oniriques de ce “peintre-poète” que fut Miró ont déconcerté ses amis surréalistes – elles furent davantage comprises par les dissidents du mouvement, Bataille, Leiris, Einstein.

 

Femmes et oiseaux dans la nuit, 5 mai 1947, huile sur toile (détail).

 

La liberté de son art, résolument moderne, façonné dans le refuge catalan de Mont-roig et dans ses ateliers parisiens, le place en réalité en position d’écart radical au sein des avant-gardes du XXsiècle, tant il fait retentir une vibration personnelle, entre exigence permanente d’intériorité et désir d’universalité. Avec une obstination de stratège, Miró voulut aller “au-delà” de la peinture. Les défis qu’il s’est lancés – redonner à l’art le pouvoir originel perdu, la mission de revivifier par grands signes archétypaux les mythes immémoriels – l’ont conduit à explorer toutes les pratiques, qu’il n’a cessé de subvertir, avec un jeu d’humour et d’invention toujours en éveil. »

 

Réunissant près de 150 œuvres dont certaines inédites en France et couvrant 70 ans de création, la rétrospective « Miró » au Grand Palais retrace l’évolution technique et stylistique de l’artiste qui crée à partir de ses rêves et transforme ainsi le monde avec une apparente simplicité de moyens, qu’il s’agisse d’un signe, d’une trace de doigt ou de celle de l’eau sur le papier, d’un trait apparemment fragile sur la toile, d’un trait sur la terre qu’il marie avec le feu, d’un objet insignifiant assemblé à un autre objet.

 

Miró fait ainsi surgir de ces rapprochements étonnants et de ces mariages insolites un univers constellés de métamorphoses poétiques qui vient réenchanter notre monde.

 

Bernard DELCORD

 

Miró par Agnès de la Beaumelle, Paris, Éditions Gallimard et Rmn – Grand Palais, collection « Découvertes Gallimard – Carnet d’expo », septembre 2018, 64 pp. en quadrichromie au format 12 x 17 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 9,20 € (prix France)

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

 

Tél. : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Site web : www.grandpalais.fr

 

Dates :

Du 3 octobre 2018 au 4 février 2019

 

Tarifs :

Plein tarif : 15 €

Tarif réduit : 10 €

 

Horaires d’ouverture du musée :

Lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10 heures à 20 heures

Mercredi de 10 heures à 22 heures

Fermeture hebdomadaire le mardi

 

Accès :

 

Accès pour les personnes à mobilité réduite : avenue du Général Eisenhower – Porte B.

 

En transports en commun :

RER : ligne C, arrêt Invalides

Métro : ligne 13, arrêt Champs-Élysées-Clemenceau ; ligne 9, arrêt Franklin D. Roosevelt

Bus : lignes 42, 72, 73, 83, 93

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Mir%C3%B3

 

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