Dans la tête d’un fou d’Allah…

Yasmina Khadra est le nom de plume de l’immense écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara algérien. Ce pseudonyme est composé des deux prénoms de son épouse.

 

À 23 ans, il est sorti sous-lieutenant de l’Académie militaire interarmes de Cherchell, avant de servir comme officier dans l’armée algérienne pendant vingt-cinq ans. Durant la guerre civile algérienne, dans les années 1990, il est l’un des principaux responsables de la lutte contre l’AIS[1] puis le GIA[2], en particulier en Oranie. Il a atteint le grade de commandant. Il a fait valoir ses droits à la retraite et a quitté l’armée algérienne en 2000 pour se consacrer à l’écriture.

 

Il est l’auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad. La plupart de ses romans sont traduits dans une cinquantaine de pays.

 

Il a fait paraître cette année chez Julliard à Paris un roman intitulé Khalil dont voici la présentation de l’éditeur :

 

« Khalil et Rayan, d’origine marocaine, ont grandi ensemble à Bruxelles. Si Rayan s’est habilement intégré, Khalil, toujours en colère, s’est brouillé avec la plupart des membres de sa famille. Mais, depuis quelque temps, la fréquentation d’une mosquée intégriste semble avoir donné un sens à sa vie. Ce vendredi 13 novembre 2015, Khalil s’apprête à commettre l’innommable. Debout au milieu d’une rame de RER bondée, à la sortie du Stade de France de Saint-Denis, il récite une dernière prière et appuie sur le détonateur de sa ceinture d’explosifs. Rien ne se passe. Désemparé, il doit fuir pour échapper à la police.

 

De planque en planque, Khalil s’interroge : a-t-il été victime d’une machination ou d’un simple incident technique ? Tandis que, livré à lui-même, il se cherche de nouveaux repères, d’autres interrogations se font de plus en plus pressantes. Qu’a-t-il essayé de prouver ? De qui voulait-il se venger en choisissant comme exutoire la haine et la violence ? De sa famille ? De la société ? De lui-même ?

 

Dans une langue simple et dépouillée, Yasmina Khadra fait découvrir l’autre côté du miroir en plongeant le lecteur dans la tête d’un garçon désorienté qui croit s’insurger contre l’ordre des choses et réalise qu’il n’est que son propre ennemi.

 

Une approche inédite du terrorisme, entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie… »

 

Un texte remarquable autant qu’effrayant…

 

Bernard DELCORD

 

Khalil par Yasmina Khadra, Paris, Éditions Julliard, août 2018, 264 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 26 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 19 € (prix France)

 

Œuvres de Yasmina Khadra

 

Le Dingue au bistouri, 1990, adapté en BD par Mohamed Bouslah, Alger 2009.

La Foire des enfoirés, 1993.

Morituri, 1997, Trophée 813 du meilleur polar francophone, adapté au cinéma par Okacha Touita, 2007.

L’Automne des chimères, 1998, Prix allemand du roman noir international.

Double blanc, 1998.

À quoi rêvent les loups, 1999.

Les Agneaux du Seigneur, 1998.

L’Écrivain, 2001.

L’Imposture des mots, 2002.

Les Hirondelles de Kaboul, 2002, élu Meilleur Livre de l’année aux États-Unis par le San Francisco Chronicle et le Christian Science Monitor, 2005, finaliste de l’International IMPAC Dublin Literary Award 2006, Prix du Salon littéraire de Metz 2003, Prix des Libraires algériens 2003, adapté au théâtre en France, en Turquie, au Brésil, en Équateur.

Cousine K, 2003, prix de la Société des Gens de Lettres, French Voices Award (États-Unis).

La Part du mort, 2004, prix littéraire Beur FM Méditerranée, prix du meilleur polar francophone.

La Rose de Blida, 2005.

L’Attentat, 2005, Prix des libraires, Prix Tropiques, Prix Découverte du Figaro Magazine, Grand prix des lectrices Côté Femme, Prix des lecteurs du Télégramme et Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne, Prix Gabrielle d’Estrées, Prix de la Jeune critique (Autriche, 2006), finaliste de l’International IMPAC Dublin Literatury Award 2008, élu Meilleur Livre de l’année (Happenheim, Allemagne, 2008), Prix Segalen des Lycéens d’Asie (Singapour, 2009), adapté en BD en 2012, adapté au cinéma sous le même titre par Zied Douéri, Grand Prix du festival international du film de Marrakech 2012, prix du Public à Toronto, prix spécial du Jury à San Sébastien, adapté au théâtre en Italie, en Algérie, en Afrique, présenté au Rwanda, au Burundi, au Congo Brazzaville, en République Démocratique du Congo.

Les Sirènes de Bagdad, 2006.

Le Quatuor algérien : Morituri, Double blanc, L’Automne des chimères, La Part du mort en un seul volume, 2008.

Ce que le jour doit à la nuit, 2008, adapté au cinéma par Alexandre Arcady, Prix du Roman France Télévisions 2008, élu meilleur livre de l’année 2008 par le magazine Lire, Prix des Lecteurs corses, 2009, Prix Les Dérochères (Canada, 2010), finaliste du Prix de la Littérature internationale (Berlin 2010), adapté à la danse par la Compagnie Hervé Koubi, France.

La Longue Nuit d’un repenti, 2010.

L’Olympe des infortunes, 2010.

L’Équation africaine, 2011.

Les Chants cannibales, 2012.

Algérie, 2012.

Les anges meurent de nos blessures, 2013.

Qu’attendent les singes, 2014.

La Dernière Nuit du Raïs, 2015.

Dieu n’habite pas La Havane, 2016

Ce que le mirage doit à l’oasis, 2017.

Khalil, 2018.

 

Pour l’ensemble de son œuvre, l’Académie française lui a décerné le Grand prix de Littérature Henri Gal, Prix de l’Institut de France 2011[3].

[1] L’Armée islamique du salut (AIS), est un groupe combattant algérien, qui s’est opposé au gouvernement de 1993 au 13 janvier 2000. Elle est issue du Front islamique du salut (FIS) dont elle forma la branche armée à la suite de l’interruption du processus électoral au cours des élections législatives algériennes de 1991, largement remportées par le FIS qui estima alors que seule la lutte armée permettrait le changement du pouvoir en Algérie. Le 24 septembre 1997, il déclara un cessez-le-feu unilatéral à la suite duquel le FIS perdit de son influence politique. Le 13 janvier 2000, l’AIS quitta définitivement le maquis algérien.

[2] Le Groupe islamique armé (GIA) est une organisation terroriste islamiste d’idéologie salafiste djihadiste créé lors de la guerre civile algérienne. Son but est de renverser le gouvernement algérien, pour le remplacer par un État islamique. L’organisation est une nébuleuse placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France. Elle est considérée par l’ONU comme proche d’al-Qaïda.

[3] Sources générales : Wikipédia.

 

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