Double (sur)vie…


Paru initialement en 2013 chez Arléa à Paris, le récit Max, en apparence par Nathalie Skowronek ressort en format de poche chez Genèse Édition, une excellente nouvelle !

 

En voici le pitch :

 

« En apparence, Max avait laissé ses deux années et demie à Auschwitz derrière lui.

 

Une histoire ancienne qui avait fini par s’effacer, comme dans mon souvenir le numéro tatoué sur son bras qu’enfant je connaissais par cœur, et que j’avais pourtant fini par oublier.

 

Mon grand-père Max était à présent un homme d’affaires qui, associé à Pavel, son vieil ami des camps, trafiquait par-dessus le mur de Berlin pour alimenter la nomenklatura d’Allemagne de l’Est en produits de luxe et marchés divers.

 

Tout aurait été pour le mieux, Max vivant au milieu de sa cour, si ce départ pour Berlin (qui avait été il n’y a pas si longtemps le cœur de la machine de mort) ne s’était fait au prix de l’abandon de son épouse et de sa petite fille, restées à Liège.

 

En apparence seulement.

 

Car Max chaque matin faisait le tour du zoo de Berlin, avec dans ses poches ses pilules, et un petit sac de diamants. »

 

À la recherche du passé de Max qu’elle croit mort, Nathalie Skowronek ira de découverte en découverte et fera naître chez le lecteur une intense réflexion sur la manière de survivre à l’indicible en se reconstruisant, comme son grand-père, par bribes et morceaux, pas toujours glorieux, mais tellement humains, et sur la façon dont les familles se voient confrontées à l’héritage mémoriel de l’horreur…

 

L’occasion de redécouvrir le talent pointilliste de l’auteure (°1973, Bruxelles), l’une des meilleures plumes de notre pays, à qui l’on doit notamment le remarquable Un monde sur mesure (Grasset, 2017) [1]

 

Bernard DELCORD

 

Max, en apparence par Nathalie Skowronek, Bruxelles, Genèse Édition, collection « Les poches belges », avril 2019, 197 pp. en noir et blanc au format 11 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,95 €

[1] Cf. notre recension : https://lireestunplaisir.wordpress.com/2017/03/21/quand-son-monde-etait-tailleur/

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