Edvard Beneš – Un drame entre Hitler et Staline

 

Professeur des Universités, directeur du Centre d’histoire de l’Europe centrale, auteur ou éditeur d’une quarantaine d’ouvrages personnels et collectifs et spécialiste de l’histoire contemporaine des pays tchèques, Antoine Marès (°1950) a été directeur du Centre français de recherche en sciences sociales de Prague (CEFRES).

 

Il est, depuis 2004, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine de l’Europe centrale à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et enseigne au magistère de Relations internationales et action à l’étranger (MRIAE).

 

Il a publié chez Perrin à Paris un essai magistral intitulé Edvard Beneš – Un drame entre Hitler et Staline qui retrace la destinée d’un homme politique emblématique de la Tchécoslovaquie dans l’entre-deux-guerres et après, passé de la gloire (en 1918 et en 1945) à l’abîme (en 1938 et en 1948).

 

Écoutons-le :

 

« Edvard Beneš (1884-1948) est une des figures majeures de l’histoire tchèque du XXsiècle.

 

Ministre des Affaires étrangères pendant dix-sept ans puis deuxième président de la République tchécoslovaque, il a joué un rôle capital pour avoir été confronté à trois grandes expériences historiques : la fin des empires européens en 1918, la confrontation avec le monde hitlérien et la division de l’Europe en deux avec le passage de sa moitié orientale sous la tutelle soviétique.

 

Si Beneš a été l’objet de très nombreux travaux en Pays tchèques, c’est qu’il est au cœur d’interrogations et de polémiques centrales pour les identités nationale et étatique.

 

Au niveau européen, son nom est lié à la fin de l’empire austro-hongrois, à la Conférence de la Paix [de Paris (1919-1920)], à la politique de l’entre-deux-guerres. Il est aussi en relation avec le système international de l’époque, qu’il s’agisse des relations bilatérales avec la France, de la sécurité collective ou des grands événements qui ont marqué cette période.

 

Ce sont surtout les accords de Munich des 29-30 septembre 1938 qui sont associés à son nom, comme victime de l’abandon des puissances occidentales, et le basculement de son pays lors du “coup de Prague” de février 1948.

 

Figure décisive de l’Europe centrale et de l’Europe pendant trente ans, Beneš n’a fait l’objet d’aucune biographie en français.

 

C’est dire l’intérêt d’une biographie attachée à croiser les archives françaises, tchèques et slovaques et à utiliser les centaines d’ouvrages parus sur cette personnalité. »

 

Aveuglé par sa haine de la dynastie des Habsbourg et par sa naïveté devant la montée du nazisme puis du communisme stalinien (il avait signé en 1941 un traité d’alliance avec Staline qu’il croyait être son ami personnel), il laisse un bilan pour le moins mitigé, même si on lui doit l’organisation de l’attentat réussi en mai 1942 contre Reinhard Heydrich, Reichsprotektor nazi et bourreau du pays tchèque.

 

Bernard DELCORD

 

Edvard Beneš – Un drame entre Hitler et Staline par Antoine Marès, Paris, Éditions Perrin, janvier 2015, 502 pp. en noir et blanc + un cahier photo de 8 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

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