Incipit…

 

Pierre Vavasseur est né en 1955 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ; depuis 1992, il est grand-reporter au service Culture-Spectacles du Parisien/Aujourd’hui en France dont il anime la rubrique littéraire. Écrivain, il est l’auteur chez Jean-Claude Lattès d’Un manque d’amour (2001), Le Jour où j’ai quitté ma femme (2003), Putain d’Adèle (2006), Recommencer (2010) et Un pas de danse (2017), aux Éditions du Moteur de Deux enfants (2011) et chez Flammarion, dans la collection « Librio », du Guide des 100 romans incontournables et Cent histoires drôles incontournables.

 

On lui doit aussi, chez le même éditeur et dans la même collection, Le guide des 100 premières phrases incontournables qui reproduit l’incipit d’une centaine de romans en l’accompagnant d’une courte biographie de l’auteur et d’un commentaire critique bien enlevé.

 

Écoutons Pierre Vavasseur :

 

« La première phrase est d’une logique implacable puisqu’une première volée de mots jetés sur le papier éteint aussitôt la blancheur de la page. Elle est déterminante ou libératrice. Elle revêt quelque chose de sacré. De profondément mystérieux. En trouvant cette clef, on trouve la serrure ; et derrière la porte, une maison qui se construit au fur et à mesure.

 

Ce petit livre est né d’une fascination interactive. Une première phrase de roman est un jeu de regards : celui qu’on porte sur elle et celui qu’elle porte sur nous. »

 

Avec des incipit d’Olivier Adam à Émile Zola en passant par Alain-Fournier, Antoine Blondin, Louis-Ferdinand Céline, Pierre Choderlos de Laclos, Denis Diderot, William Faulkner, Romain Gary, Ernest Hemingway, James Joyce, Eduardo Manet, Somerset Maugham, Guy de Maupassant, Prosper Mérimée, Henry Miller, Paul Morand, George Orwell, Vladimir Nabokov, Pier Paolo Pasolini, Boris Pasternak, Daniel Pennac, Marcel Proust, Jules Renard, Romain Rolland, le marquis de Sade, Françoise Sagan, Antoine de Saint-Exupéry, Philippe Sollers, Léon Tolstoï ou Cao Xueqin.

 

Du beau linge !

 

Bernard DELCORD

 

Le guide des 100 premières phrases incontournables par Pierre Vavasseur, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », mars 2009, 122 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 € (prix France)

 

Florilège :

 

« Au commencement, il n’y avait rien. » (Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes, 2000)

 

« Il marchait… » (Georges Simenon, La veuve Couderc, 1942)

 

« Il pleuvait. » (Francis Carco, Jésus la Caille, 1914)

 

« J’avais douze ans la première fois que j’ai marché sur l’eau. » (Paul Auster, Mr Vertigo, 1994)

 

« Voici la maison. » (Toni Morrison, L’œil le plus bleu, 1970)

 

« La maison était grande, coiffée d’un grenier haut. » (Colette, La maison de Claudine, 1922)

 

« Ça pue le bon dieu, ici ! » (Léon Bloy, La femme pauvre, 1897)

 

« Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé. » (Raymond Queneau, Zazie dans le métro, 1959)

 

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » (Albert Camus, L’étranger, 1942)

 

« C’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort de maman. » (Nina Berberova, L’accompagnatrice, 1985)

 

« Hank comptait l’argent empilé devant lui. » (Chester Himes, La reine des pommes, 1958)

 

« Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d’une tête. » (John Kennedy Toole, La conjuration des imbéciles, 1980)

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