Jeune talent…

 

Historien de l’art spécialiste des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, conservateur général du Patrimoine et membre de l’Académie des Beaux-Arts, Michel Hilaire (°1958) a conduit avec brio, entre 2003 et 2007, la rénovation du musée Fabre à Montpellier.

 

Particulièrement riches, les collections de cette remarquable institution de province réunissent, pour les XIXe et XXe siècles, des œuvres d’artistes majeurs comme Camille Corot (Souvenir de Ville d’Avray), Gustave Courbet (16 peintures dont Les Baigneuses, Bonjour Monsieur Courbet), Edgar Degas (Une nourrice au jardin du Luxembourg), Eugène Delacroix (7 peintures dont Fantasia et Femmes algériennes dans leur chambre) Robert Delaunay (Nature morte portugaise), Maurice Denis (Autoportrait), Kees van Dongen (La Petite Danseuse et Portrait de Fernande Olivier), Raoul Dufy, Théodore Géricault, Jean Auguste Dominique Ingres, František Kupka, Édouard Manet (Portrait d’Antonin Proust), Albert Marquet, Henri Matisse (Nature morte aux couteaux noirs), Claude Monet (3 peintures dont Jardin en fleurs, à Sainte-Adresse), Berthe Morisot (Jeune femme assise devant la fenêtre, dit l’Été), Alfred Sisley (Le Héron aux ailes déployées), Pierre Soulages (20 peintures), Nicolas de Staël (Ménerbes), Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, Pierre Auguste Renoir (Frédéric Bazille peignant à son chevalet) ou encore Frédéric Bazille (17 peintures dont Vue de village, Aigues-Mortes, La Toilette, Atelier de la rue Furstenberg et La Macreuse).

 

C’est précisément à cet artiste, dont la carrière a été fulgurante, que Michel Hilaire consacre, aux Éditions Gallimard à Paris, une belle et intelligente monographie, richement illustrée, intitulée Les Bazille du musée Fabre.

 

Né à Montpellier en 1841 dans une famille de la haute bourgeoisie protestante, Frédéric Bazille, d’abord destiné à la médecine, poursuit parallèlement des études artistiques et gagne Paris en 1862.

 

Au sein de l’atelier Gleyre, il fait la connaissance des futurs impressionnistes, Monet, Renoir, Sisley, qui deviennent ses amis proches. Durant sa brève carrière – moins de huit ans –, il devient l’un des acteurs les plus talentueux de la Nouvelle Peinture autour d’Édouard Manet.

 

Portrait d’Auguste Renoir (1867) par Frédéric Bazille.

Huile sur toile (62 × 51 cm), Montpellier, musée Fabre.

 

Dans tous les sujets qu’il aborde (natures mortes, portraits, paysages, scènes de genre), il imprime sa marque personnelle faite d’équilibre des formes, de raffinement coloré et de discrète mélancolie.

 

Bazille meurt au combat en 1870, à l’âge de 29 ans, laissant derrière lui une cinquantaine de tableaux dont le musée Fabre rassemble la plus importante collection.

 

Bernard DELCORD

 

Les Bazille du musée Fabre par Michel Hilaire, Paris, Éditions Gallimard, mai 2018, 96 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 € (prix France)

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