« Le vrai art, il est toujours là où on ne l’attend pas. » (Jean Dubuffet)

 

Docteure en littérature française, essayiste, collaboratrice de revues artistiques et culturelles, commissaire d’exposition, cofondatrice du CrAB (collectif de réflexion autour de l’art brut), Céline Delavaux (°1972) est l’auteure de plusieurs ouvrages sur l’art, parmi lesquels Le Musée impossible et Le Musée des illusions, parus en 2012 aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles.

 

Elle travaille pour la presse culturelle et, dans le champ de la recherche, s’intéresse aux relations entre art et écriture, aux écrits d’artistes, notamment à ceux de Jean Dubuffet (1901-1985) auxquels elle a consacré sa thèse.

 

Les Éditions Flammarion à Paris ressortent (le texte princeps a paru en 2010 chez Palette) dans la collection « Champs arts » son essai intitulé L’art brut, un fantasme de peintre dans lequel elle explore le concept baptisé le 28 août 1945 par Dubuffet, celui d’un art qu’il collectionne depuis plusieurs années et qui comprend à la fois l’art des fous et celui de marginaux de toutes sortes : prisonniers, reclus, mystiques, anarchistes ou révoltés…

 

En voici le résumé :

 

« L’art brut, c’est l’art brut et tout le monde a très bien compris. Pas tout à fait très bien ? », écrivait Jean Dubuffet en 1947. Le peintre ne croyait pas si bien dire : soixante-dix ans plus tard, son concept continue de faire problème. Mais n’est-ce pas la visée même d’un concept, et la preuve de son efficacité pérenne ? C’est l’histoire de ce concept que révèle le présent ouvrage, démontrant que l’art brut ne se réduit pas à un label à apposer sur des productions artistiques dues à des internés asilaires, à des adeptes du spiritisme et autres autodidactes.

 

Si l’art brut a permis de donner le statut d’œuvres d’art à des objets considérés comme marginaux dans le champ de l’art, il condense avant tout la volonté de penser l’art autrement. L’art brut puise son sens au cœur de la foisonnante production écrite de Jean Dubuffet. C’est dans la faille de la parole du fou, de l’exclu, de l’inculte que s’invente le discours sur l’art radicalement subjectif de l’artiste.

 

Et ce que l’art brut révèle, au-delà d’une théorie de l’art aux allures de fiction, c’est Dubuffet l’écrivain.

 

Bernard DELCORD

 

L’art brut, un fantasme de peintre par Céline Delavaux, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », février 2018, 414 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13 € (prix France)

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