Les mots pour l’entendre…

Les Éditions Actes Sud publient, rédigé par Karol Beffa [1] et Jacques Perry-Salkow [2], avec des dessins de Jean-François Martin, un petit essai très original intitulé Anagrammes à quatre mains – Une histoire vagabonde des musiciens et de leurs œuvres dans lequel les auteurs emmènent le lecteur à la (re)découverte de productions variées et de compositeurs divers résumés par une phrase et son anagramme [3].

De quoi entendre d’une oreille neuve des airs de Vivaldi, Lully, Bach, Beethoven, Chopin, Sibelius, Debussy, Bizet, Saint-Saëns, Schumann, de Falla, Satie, Rachmaninov, Poulenc, Dutilleux, Ligeti…

Mais aussi l’esprit du tango argentin, de la valse, du fado portugais ou encore Nathalie Dessay, Billie Holiday, Bill Evans, le trio Oscar Peterson, Alice Cooper, les Beatles, Portishead, Charles Trenet, Jacques Brel…

Sur le site d’Actes Sud, on peut en outre écouter les improvisations inédites que Karol Beffa a réalisées sur ces anagrammes et un prélude pour piano de Jacques Perry-Salkow.

Bernard DELCORD

Anagrammes à quatre mains – Une histoire vagabonde des musiciens et de leurs œuvres par Karol Beffa et Jacques Perry-Salkow, dessins de Jean-François Martin, Arles, Éditions Actes Sud, novembre 2018, 140 pp. en bichromie au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France)

Exemples :

La chaise de Glenn Gould

Elle « l’accompagne dans toutes ses tournées et tous ses enregistrements. À la fin, on l’entend grincer malgré des graissages réguliers, et il ne reste plus qu’un cadre branlant pour s’asseoir, mais c’est presque devenu un talisman » [4].

De l’écho d’un glas génial

Renata Tebaldi et Maria Callas

Dans les années 1950, l’une des rivalités artistiques les plus acharnées et médiatisées oppose les deux plus grandes voix de l’opéra. « Dans un poulailler, il ne peut y avoir deux coqs », clame la Tebaldi en quittant l’Italie pour New York. « Ne comparez pas le champagne et le Coca-Cola », rétorque la Callas à un journaliste l’interrogeant sur sa rivale. Duel au sommet. De la « discrète » et de la « scandaleuse », de la « colombe » et de la « féline », de la « madone » et de la « sorcière », qui sera la nouvelle Malibran ? Qui s’attirera les faveurs de la très prestigieuse Scala de Milan ?

L’acariâtre bataille d’amantes


[1] Karol Beffa, 44 ans, est compositeur et interprète. Il a reçu de nombreux prix, notamment le Grand prix de la musique symphonique de la Sacem pour l’ensemble de sa carrière (2017). Il a occupé la chaire de création artistique du Collège de France en 2013-2014 et a été élu « compositeur de l’année » aux Victoires de la musique classique en 2013 et 2018. Régulièrement, il se produit en soliste avec orchestre, donne des concerts d’improvisation et accompagne des lectures de textes. Il est l’auteur de concertos pour violon, pour piano, de deux opéras inspirés de Kafka, d’un ballet, de contes musicaux pour orchestre et d’une quinzaine de musiques de film.

[2] Jacques Perry-Salkow est pianiste et auteur. Il est diplômé de la Dick Grove School of Music de Los Angeles est un passionné de littérature à contraintes.

[3] Anagramme : mot formé en changeant de place les lettres d’un autre mot. (Une anagramme de gare est rage.) – Dictionnaire Larousse.

[4] Olivier Bellamy, Dictionnaire amoureux du piano, Plon, 2014, p. 288.

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